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Les élections israéliennes débouchent sur une impasse : les partis arabes détiennent la clé du pouvoir

Par la rédaction analytique de Geostrategic Media | 28 octobre 2026

Une urne électorale devant une silhouette urbaine au crépuscule, symbole de l’incertitude politique à l’issue des élections israéliennes.

Les premières élections nationales organisées en Israël depuis les attaques du 7 octobre 2023 ont produit un résultat qui ne permet à aucun camp de gouverner seul. Aucun bloc n’a obtenu la majorité, et les rapports de force parlementaires laissent présager plusieurs semaines de négociations pour former une coalition, voire la tenue d’un nouveau scrutin.

Où en est le dépouillement ?

Selon les dernières données de la Commission électorale centrale, publiées mercredi après le dépouillement d’environ 85 % des bulletins, le bloc de droite et religieux du Premier ministre Benjamin Netanyahu obtient 54 sièges sur les 120 que compte la Knesset, soit sept de moins que les 61 nécessaires pour disposer d’une majorité. Le bloc dirigé par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot en détient 49. Les partis représentant la population arabe, qui n’appartiennent à aucun des deux camps, devraient obtenir 17 sièges.

Le Likoud de Netanyahu reste le premier parti pris individuellement, avec environ 27 sièges, suivi par Yashar!, la formation d’Eisenkot, qui en obtiendrait quelque 22.

La situation a évolué au fil de la nuit. Les sondages de sortie des urnes publiés mardi attribuaient entre 50 et 52 sièges au bloc de Netanyahu. Certaines chaînes donnaient alors les deux camps à égalité, avec 51 sièges chacun. Le dépouillement a depuis fait progresser le bloc du Premier ministre sortant jusqu’à environ 54 sièges, mais toujours loin de la majorité.

Avant la dissolution de la Knesset en juillet, la coalition de Netanyahu disposait de 68 sièges. Même si les résultats actuels sont meilleurs que prévu pour le Premier ministre, ils témoignent donc d’un recul politique considérable.

Pourquoi les partis arabes sont-ils déterminants ?

Selon les projections établies au cours de la nuit, les partis arabes pourraient obtenir entre 16 et 19 sièges, un résultat sans précédent par rapport aux dix sièges dont ils disposent actuellement.

Yousef Jabareen, président de la Liste unifiée, a déclaré que toute formation souhaitant remplacer Netanyahu devrait engager le dialogue avec sa faction. Les chiffres lui donnent raison : les 49 sièges du bloc d’Eisenkot, ajoutés aux 17 sièges des partis arabes, représenteraient 66 députés, soit une majorité théorique.

La réalité politique est cependant bien plus complexe. Certains partis du camp d’Eisenkot, notamment Israël Beitenou, dirigé par Avigdor Lieberman, ont historiquement exclu de participer à un gouvernement dépendant des partis arabes.

Les partis arabes doivent eux aussi choisir leur stratégie : rejoindre une coalition, soutenir le gouvernement de l’extérieur ou rester dans l’opposition. Même un accord consistant à ne pas faire tomber un nouveau gouvernement en échange de concessions politiques constituerait une évolution importante dans la vie politique israélienne.

Les enjeux régionaux

Le scrutin dépasse largement le cadre de la politique intérieure israélienne. Israël mène une guerre contre l’Iran aux côtés des États-Unis, les forces houthies attaquent des cibles saoudiennes et le conflit à Gaza demeure sans règlement.

Les marchés financiers ont rapidement réagi à l’incertitude. Mercredi, les obligations israéliennes et le shekel ont subi des pressions à mesure qu’il devenait évident qu’aucun bloc ne disposait d’un mandat clair pour gouverner.

Une période prolongée de gouvernement intérimaire pourrait limiter la capacité des autorités à prendre des décisions majeures concernant la guerre, les négociations sur la libération des otages et un cessez-le-feu, ou encore une éventuelle normalisation des relations avec l’Arabie saoudite.

Les capitales régionales suivent également la situation pour une autre raison. Si la survie du prochain gouvernement dépend de l’extrême droite, la position israélienne sur Gaza et la Cisjordanie pourrait se durcir davantage. Un gouvernement organisé autour d’Eisenkot, ancien chef d’état-major, pourrait plutôt privilégier la coordination sécuritaire avec Washington et une approche plus structurée de la fin de la guerre.

Perspectives : quatre scénarios possibles

1. Un accord de type gouvernement d’unité nationale

Le Likoud et Yashar! pourraient négocier une coalition transcendant les clivages politiques. Une alternance au poste de Premier ministre ou le choix d’un autre dirigeant pourraient être envisagés. L’avenir politique de Netanyahu constituerait le principal obstacle.

2. Une coalition restreinte autour de Netanyahu

Netanyahu devrait rallier au moins sept députés issus du camp adverse pour obtenir une majorité. Cette possibilité paraît actuellement peu probable, même si les résultats définitifs pourraient modifier les équilibres.

3. Un gouvernement Eisenkot bénéficiant du soutien extérieur des partis arabes

Ce scénario est mathématiquement possible, mais sa réalisation exigerait de surmonter les profondes divergences au sein du camp d’Eisenkot et de négocier les conditions du soutien arabe.

4. De nouvelles élections

Si les négociations échouent, Israël pourrait retourner aux urnes. Le pays connaîtrait alors un nouvel épisode d’instabilité politique et de répétition des scrutins.

Le dépouillement n’est pas terminé. La répartition des sièges pourrait encore varier d’une ou deux unités après le traitement des derniers bulletins, notamment ceux des militaires et des diplomates israéliens à l’étranger. Les résultats définitifs seront officiellement certifiés ultérieurement.

Dans les prochains jours, il faudra surveiller les premiers dirigeants politiques que le président Isaac Herzog recevra dans le cadre des consultations, ainsi que les déclarations des représentants du bloc d’Eisenkot sur la possibilité — ou l’impossibilité — d’une coopération avec les partis arabes.

Ces signaux permettront de déterminer si l’impasse actuelle débouchera sur un compromis difficile ou conduira Israël vers un nouveau cycle électoral.

Sources citées dans le texte original : The Times of Israel, Ynet, Al Jazeera, CNBC, CNN, Israel Hayom et Haaretz, publications des 27 et 28 octobre 2026.