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Qui contrôle les câbles sous-marins contrôle une partie du pouvoir mondial

La géopolitique contemporaine ne se joue plus uniquement sur les territoires, les détroits maritimes ou les champs pétroliers. Elle se déploie également dans les infrastructures invisibles qui transportent les données, soutiennent les transactions financières et assurent le fonctionnement de l’économie numérique. Parmi ces infrastructures, les câbles sous-marins de télécommunications occupent une place stratégique souvent sous-estimée.

Plus de 99 % du trafic international de données transite par ces câbles. Ils assurent les communications entre les continents, soutiennent les systèmes bancaires, les services gouvernementaux, les plateformes numériques et une grande partie des échanges commerciaux. Leur interruption pourrait affecter simultanément les marchés financiers, les réseaux de communication, les entreprises et les administrations publiques. L’Union internationale des télécommunications a précisément souligné en juillet 2026 les vulnérabilités liées à la concentration géographique des infrastructures, aux risques physiques et aux délais de réparation.

Cette réalité modifie la définition traditionnelle de la sécurité nationale. Un État peut disposer d’une armée puissante et d’importantes réserves énergétiques, mais rester vulnérable si ses communications internationales dépendent d’un nombre limité de câbles ou de points d’accès.

La compétition entre les États-Unis et la Chine illustre cette transformation. Les rivalités technologiques ne concernent plus seulement les semi-conducteurs, les réseaux de télécommunications ou l’intelligence artificielle. Elles s’étendent aux infrastructures physiques qui permettent à ces technologies de fonctionner. La propriété, le financement, la maintenance et la sécurisation des réseaux deviennent ainsi des questions de souveraineté.

Les pays du Golfe, les États européens et les économies africaines ont un intérêt direct à diversifier leurs connexions numériques. Pour ces régions, les câbles sous-marins représentent à la fois des infrastructures commerciales et des instruments d’intégration géopolitique.

Le défi consiste désormais à considérer les réseaux numériques comme des infrastructures critiques au même titre que les ports, les pipelines, les centrales électriques et les installations militaires. Cela implique des investissements dans la redondance des connexions, la surveillance maritime, les capacités de réparation et la coopération internationale.

La prochaine crise stratégique pourrait ne pas commencer par une attaque conventionnelle. Elle pourrait se manifester par une interruption de communications, une défaillance de réseau ou une perturbation coordonnée de plusieurs infrastructures numériques.

Dans un monde où la puissance dépend de plus en plus de la circulation de l’information, la sécurité des câbles sous-marins devient une composante essentielle de la sécurité internationale.