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Le nucléaire africain : une nouvelle bataille pour l’influence énergétique et technologique

L’énergie nucléaire pourrait devenir l’un des nouveaux terrains de compétition entre les puissances internationales en Afrique. Alors que plusieurs économies du continent cherchent à répondre à une demande électrique croissante, à réduire leur dépendance aux combustibles importés et à soutenir leur industrialisation, le nucléaire civil apparaît comme une option stratégique pour certains gouvernements.

L’annonce du Ghana, le 31 octobre, selon laquelle la Russie soutiendra le développement d’une centrale nucléaire de 2 000 mégawatts, illustre cette nouvelle dynamique. Les détails concernant le financement, le calendrier, le site et les modalités techniques restent toutefois à préciser.

Pour Moscou, ce type de partenariat représente bien davantage qu’un contrat énergétique. Il permet de renforcer une relation à long terme avec un État africain, de développer des liens technologiques et industriels et de créer une dépendance durable en matière de combustible, de maintenance, de formation et de services spécialisés.

La Russie dispose d’une expérience importante dans l’exportation de technologies nucléaires et utilise ces projets comme instruments de diplomatie économique. Mais elle n’est pas le seul acteur à vouloir se positionner sur le marché africain. La Chine, les pays occidentaux et plusieurs fournisseurs internationaux cherchent également à développer des partenariats dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures.

Pour les États africains, la diversification des partenaires peut offrir une occasion de négocier de meilleures conditions financières et technologiques. Mais le nucléaire civil ne constitue pas une solution rapide aux déficits énergétiques. Les projets exigent des investissements considérables, des institutions de régulation indépendantes, des compétences techniques, des garanties de sûreté et une planification de plusieurs décennies.

Le risque serait de transformer les infrastructures énergétiques en instruments de dépendance politique sans construire les capacités nationales nécessaires pour les exploiter durablement.

Le nucléaire pourrait néanmoins jouer un rôle important dans la transformation économique de pays disposant d’une demande électrique suffisamment élevée et de capacités institutionnelles adaptées. Il pourrait soutenir l’industrie, les infrastructures numériques, les réseaux ferroviaires et les grandes installations de production.

La véritable question pour l’Afrique n’est donc pas de choisir entre la Russie, la Chine ou les partenaires occidentaux. Elle est de déterminer les conditions dans lesquelles les investissements étrangers peuvent contribuer à une véritable souveraineté énergétique.

Si les accords nucléaires s’accompagnent de formation, de transfert de compétences, de participation industrielle locale et de garanties financières solides, ils peuvent devenir des instruments de développement. Dans le cas contraire, ils risquent de reproduire les dépendances que le continent cherche précisément à dépasser.