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Le G20 face à la fragmentation du monde : la diplomatie des grandes puissances à l’épreuve

Le sommet des ministres des Affaires étrangères du G20 à Atlanta révèle une contradiction fondamentale de la politique internationale : jamais les grandes puissances n’ont eu autant besoin de coopérer, et rarement leur capacité à le faire a semblé aussi limitée. Les désaccords sur l’Ukraine, le conflit impliquant l’Iran, les tensions commerciales et la rivalité sino-américaine ont empêché l’adoption d’un communiqué commun. À la place, Washington doit publier une déclaration de la présidence américaine, reflet d’un consensus devenu difficile à construire.

Cette impasse ne signifie pas que le multilatéralisme a disparu. Elle montre plutôt qu’il fonctionne désormais de manière sélective. Les États peuvent encore coopérer sur la stabilité financière, les chaînes d’approvisionnement ou la sécurité maritime, mais ils peinent à s’entendre lorsque leurs intérêts stratégiques et leurs récits historiques s’opposent.

La conséquence est l’émergence d’une diplomatie à plusieurs vitesses. Les coalitions régionales, les accords bilatéraux et les groupes de pays partageant des intérêts ponctuels prennent davantage de place. Cette évolution offre aux puissances moyennes une marge d’initiative, mais elle risque aussi de fragmenter les règles communes.

Le défi du G20 n’est donc plus simplement de produire des déclarations ambitieuses. Il est de préserver des mécanismes de dialogue lorsque les rivalités rendent le compromis politiquement coûteux. Dans un monde où la compétition stratégique touche l’énergie, le commerce, la technologie et la sécurité, la capacité à maintenir des canaux de communication devient elle-même un instrument de puissance.

2. Élections américaines

ÉTATS-UNIS | ÉLECTIONS DE MI-MANDAT

Les élections américaines de mi-mandat : un référendum sur Trump, mais surtout sur le coût de la vie

À quelques jours des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, la campagne dépasse largement la compétition traditionnelle entre républicains et démocrates. Elle devient un test de confiance envers la présidence de Donald Trump, mais aussi une évaluation de la capacité du gouvernement à répondre aux préoccupations quotidiennes des électeurs. L’économie, les soins de santé, l’immigration et la politique américaine envers l’Iran dominent les débats.

Le coût de la vie constitue le terrain politique le plus sensible. Les prix de l’énergie, le logement, l’alimentation et les dépenses médicales influencent directement le jugement des électeurs. La guerre au Moyen-Orient ajoute une dimension internationale à cette campagne : les perturbations du trafic maritime et la volatilité énergétique peuvent rapidement devenir des arguments électoraux à Washington.

Les résultats pourraient modifier l’équilibre institutionnel au Congrès. Une victoire démocrate dans l’une ou les deux chambres compliquerait l’agenda législatif de la Maison-Blanche et renforcerait les mécanismes de contrôle parlementaire. À l’inverse, une majorité républicaine confortée permettrait au président de poursuivre plus facilement ses priorités.

Mais le scrutin ne se résume pas à la popularité du président. Il révélera également la capacité des deux partis à mobiliser les électeurs indépendants, à répondre aux inquiétudes économiques et à présenter une vision crédible de la politique étrangère. Le résultat pèsera sur les deux dernières années du mandat présidentiel et sur la préparation de la prochaine présidentielle.

3. Économie mondiale

ÉCONOMIE | COMMERCE INTERNATIONAL

Une croissance mondiale résiliente, mais de plus en plus inégale

L’économie mondiale continue de résister aux chocs, mais cette résistance masque une divergence croissante entre les pays. Dans ses perspectives d’octobre 2026, le Fonds monétaire international prévoit une croissance mondiale de 3,1 % en 2026, suivie d’une progression à 3,4 % en 2027. L’inflation globale devrait atteindre 4,7 % cette année avant de ralentir à 4,1 % l’année prochaine.

Ces chiffres agrégés ne racontent toutefois pas toute l’histoire. Les économies capables de bénéficier des investissements dans l’intelligence artificielle et des nouvelles chaînes de valeur technologiques disposent d’un avantage. À l’inverse, les pays importateurs d’énergie, les économies à faible revenu et les États fortement endettés restent exposés à la hausse des coûts et aux tensions commerciales.

Le risque principal réside dans l’accumulation des vulnérabilités. Une escalade militaire peut faire augmenter les prix de l’énergie et du transport. De nouvelles restrictions commerciales peuvent ralentir les investissements. Enfin, une correction brutale des attentes liées à l’intelligence artificielle pourrait affecter les marchés et les dépenses des entreprises.

La réponse ne peut pas se limiter aux politiques monétaires. Les gouvernements doivent préserver leur marge budgétaire, investir dans les infrastructures et renforcer la productivité. Le FMI souligne également l’intérêt des transferts ciblés et temporaires pour protéger les ménages vulnérables, plutôt que de subventions générales coûteuses.

La prochaine phase de la mondialisation sera probablement moins uniforme : elle dépendra davantage de la sécurité énergétique, de la technologie et de la capacité des États à absorber les chocs.