De nouveaux tirs : deux rebelles ont été tués dans la région sous tension du Cachemire indien au terme de trois jours de combats avec les militaires, a annoncé mercredi l’armée indienne. Depuis la partition en 1947, l’Inde et le Pakistan se disputent cette région himalayenne à majorité musulmane. Du fond de tensions croissantes, New Delhi vient de brandir une nouvelle menace, celle de l’eau. « Le sang et l’eau ne peuvent couler ensemble », a mis en garde, fin septembre, le Premier ministre indien Narendra Modi. A l’issue d’un briefing sur le traité des eaux de l’Indus, qui codifie depuis 1960 le partage des eaux entre l’Inde et Pakistan, son gouvernement venait de suspendre les négociations sur le sujet.
Abus de position géographique
Un coup dur de plus pour les relations des deux pays, surtout pour le Pakistan, dont les besoins en eau dépendent à 64 % de l’Indus et de ses affluents. Une position géographique dont l’Inde abuserait selon Islamabad pour exercer une pression sur les cours d’eau, ce que réfute l’Inde. New Delhi estime au contraire avoir fait preuve de générosité lors de la signature de ce traité par Nehru et son homologue pakistanais. « Il est grand temps que l’Inde utilise au mieux ses droits », insistent des officiels indiens. « D’après le traité, par exemple, l’Inde aurait la possibilité de développer un potentiel hydroélectrique de 18.000 MW contre seulement 4.000 MW aujourd’hui », détaille Syamal Sarkar, chercheur à The Energy and Resources Institute. Nombre de voix s’élèvent donc, côté indien, pour que ce pacte soit utilisé de manière plus avantageuse. Certains réclamant même son abrogation pure et simple. « Une telle rupture est cependant difficile, poursuit Syamal Sarkar, le Pakistan peut, s’il le souhaite, porter le litige devant une Cour internationale. »
Barrages chinois
New Delhi est d’autant plus susceptible sur le sujet que la Chine, alliée du Pakistan, multiplie les projets de barrages au Tibet, en amont de l’Inde et du Bangladesh. Le 30 septembre, Pékin a ainsi fait savoir que pour faciliter la construction de l’un de ses barrages – le Lalho – elle allait bloquer l’un des affluents du Brahmapoutre qui traverse l’Inde pour finir en delta au Bangladesh. New Delhi a réagi au quart de tour. « Nous avons alerté la Chine sur le fait qu’ils devaient être conscients de l’impact de tels barrages sur les pays riverains situés en aval, a souligné Vikas Swarup », le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, ce à quoi Pékin a répondu que « ces projets n’impliquaient pas de déviation des eaux du Brahmapoutre » vers le nord.
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